COVID-19 en Guinée : des patients témoignent

10-12-2020

Depuis le 6 avril 2020, ALIMA (The Alliance for International Medical Action) prend en charge des patients au sein du centre de traitement COVID-19 de Donka, à Conakry, en Guinée. Comment la maladie s’est-elle présentée chez ces patients ? Quel est leur message à la communauté guinéenne ? Nous avons rencontré cinq personnes atteintes par la COVID 19. Elles racontent comment elles ont vécu la maladie et le chemin parcouru jusqu’à leur guérison.

Un soignant de l’équipe d’ALIMA discute avec Ernest, assis sur son lit du centre de traitement COVID-19 de l’hôpital Donka, Conakry, Guinée. Août 2020. © Sydproduction / ALIMA

 

ERNEST

Ernest était en Guinée pour une mission dans une organisation internationale. Le Camerounais s’apprêtait à partir en Australie pour une autre mission. Son voyage sera finalement reporté.
En prévision de son déplacement, comme tout le monde, il a effectué un test COVID-19. Il n’est pas inquiet, il se sent en pleine forme. Alors quelle surprise lorsqu’il apprend qu’il est positif au virus ! « Je ne savais pas que j’avais la COVID-19 parce que je ne toussais pas, je n’avais pas de maux de tête, ni de fièvre. »

Ernest est un malade asymptomatique : il est infecté par le virus, il peut le transmettre, mais ne se sent pas malade. De son admission dans le centre de traitement COVID-19 de Donka jusqu’à sa sortie quelques jours plus tard, il n’a présenté aucun symptôme.

Son hospitalisation, il l’a plutôt bien vécue. « La prise en charge est excellente. Tous les personnels qui travaillent ici sont vraiment gentils. La relation entre médecins et patients est très bonne », a-t-il confié.
Psychologue de profession, il a même mis à profit ses compétences pour apporter un soutien émotionnel aux patients qui partageaient sa chambre. « Le jeune homme qui était dans le lit à côté de moi était un peu démoralisé à son arrivée », se souvient-il. « J’ai pris le temps de lui expliquer que ce n’est pas la fin de la vie, et que ça allait aller. » L’équipe médicale d’ALIMA apporte elle aussi un appui psychologique aux patients, en les écoutant, en leur expliquant la maladie et en les rassurant.

 

Un personnel soignant d’ALIMA prend la température de Daouda, assis sur son lit du centre de traitement COVID-19 de l’hôpital Donka, Conakry, Guinée. Août 2020. © Sydproduction / ALIMA

 

DAOUDA
Daouda est salarié dans une grande banque en Guinée. Au bureau, une campagne de dépistage de la COVID-19 a été effectuée. Ses collègues, lui, tout le monde a été testé. Premier test : négatif. Daouda tousse. Une toux normale, comme il peut en avoir toute l’année. Le doute n’est pas permis, il passe un second test. Cette fois, il revient positif.

On lui a demandé de se faire hospitaliser au centre COVID-19 de Donka et il a coopéré. Pendant son hospitalisation, Daouda a vu sa fièvre monter. Mais il reste optimiste et salue le travail des soignants : « je témoigne que nos médecins nous assistent très bien et qu’ils font vraiment tout ce qu’ils peuvent pour que nous soyons en bonne santé. »

Sept jours après son admission, le test montrait qu’il est toujours porteur du virus, et lorsque nous l’avons rencontré, il attendait les résultats d’un nouveau test. Il peut être synonyme de laisser-passer pour sa sortie du centre de traitement s’il est négatif.
Daouda est confiant, son état s’est largement amélioré. « La première chose que je vais faire quand je sortirai, c’est de remercier Dieu de m’avoir permis de guérir et de remercier les personnels soignants qui m’ont accompagné », sourit Daouda. Avant d’ajouter : « C’est une maladie qu’on peut vaincre. Je conseille à tout le monde de porter son masque. »

 

À gauche, un personnel médical d’ALIMA qui mesure la tension artérielle et la saturation en oxygène de Monsieur Touré à l’aide d’un oxymètre de pouls. À droite, un personnel médical d’ALIMA s’occupe de Madame Touré. Centre de traitement COVID-19 de l’hôpital Donka, Conakry, Guinée. Septembre 2020. © Anne-Gaëlle Borg / ALIMA

 

MONSIEUR ET MADAME TOURE

Monsieur et Madame Touré partagent la même chambre dans le service de réanimation du centre de traitement COVID-19 de Donka. C’est dans le cadre du travail que l’un et l’autre ont probablement été contaminés.
Chirurgien dentiste, Madame Touré avait suspendu ses activités au début de la crise de la COVID-19 pour éviter tout risque de contamination. Son mari, médecin anesthésiste réanimateur lui, a continué à exercer. « J’ai reçu dans ma clinique des patients qui présentaient des difficultés respiratoires et qui nécessitaient une oxygénation. Certains d’entre eux se sont avérés positifs à la COVID-19 », explique-t-il.

C’est la diminution de sa saturation en oxygène qui l’a alertée. Se sachant particulièrement exposé dans son travail, il mesurait régulièrement ce paramètre à l’aide de son oxymètre de pouls. Monsieur Touré a rapidement effectué un test de dépistage, revenu positif.

Ayant du diabète et de l’hypertension, il fait partie des personnes considérées comme vulnérables face à la COVID-19. Fatigué et ayant des difficultés respiratoires, il a été placé dans le service de réanimation pour recevoir de l’oxygène. Après plusieurs jours d’oxygénothérapie, son état s’est amélioré. « Je suis content qu’on m’ait parlé de séances de oxygénothérapie », raconte-t-il. « Ma saturation en oxygène va pouvoir s’améliorer, même pendant un effort physique. »

De son côté, Madame Touré a présenté des symptômes différents : toux, perte du goût et de l’odorat et difficultés respiratoires, surtout après sa marche quotidienne. Elle a bénéficié d’un apport en oxygène à l’aide du concentrateur d’oxygène pendant cinq jours. Au moment où nous l’avons rencontrée, elle était quasiment guérie.

 

Salimatou Diallo, infirmière affectée au laboratoire pour ALIMA, effectue un prélèvement naso-pharyngé sur un patient. Le prélèvement sera ensuite envoyé au laboratoire de l’Institut Pasteur de Guinée qui effectue les analyses PCR. Centre de traitement COVID-19 de l’hôpital Donka, Conakry, Guinée. Octobre 2020. © Anne-Gaëlle Borg / ALIMA

 

THIERNO

Thierno* vit aux États-Unis. Il était revenu en Guinée pour voir sa famille le temps des vacances. Mais brutalement, en l’espace de 15 jours, il a perdu ses deux parents.

Sa mère est décédée dans la voiture qui la transportait à l’hôpital suite à un malaise. D’après les analyses effectuées avant l’enterrement, elle était porteuse du virus de la COVID-19. Toute la famille a ensuite été testée : Thierno, son enfant, son père, et sa tante étaient positifs.

Le père de Thierno, âgé de 77 ans, était celui dont l’état était le plus inquiétant, notamment à cause du choc psychologique lié à la perte de son épouse. Il est resté pendant plusieurs jours en réanimation, mais son état s’est aggravé et il est décédé après six jours de soins.

Thierno lui, va relativement bien. Physiquement tout du moins. Psychologiquement en revanche, il est profondément marqué par le drame qu’il vient de vivre. Alors il tient à mettre en garde les Guinéens : « Cette histoire, c’est une histoire sérieuse. Les gens ont tendance à minimiser la maladie. C’est une maladie qui est excessivement dangereuse, et j’invite toute la population à respecter les mesures barrières. »

 

 

Photo de couverture : © Sydproduction / ALIMA
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*Le nom a été modifié pour conserver l’anonymat du patient.
Depuis le 6 avril 2020, ALIMA soutient l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de Guinée dans la prise en charge des patients atteints de la COVID-19 au centre de traitement COVID-19 de Donka, à Conakry.

Les activités d’ALIMA dans le centre de traitement COVID-19 de Donka sont financées par l’Union européenne.
Le contenu de cette publication relève de la seule responsabilité d’ALIMA et ne reflète pas nécessairement les opinions de l’Union européenne.

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