La santé mentale, un volet essentiel de la prise en charge de la COVID-19

10-10-2020

En septembre 2020, 111 personnels soignants du centre de traitement de la COVID-19 de l’hôpital Donka de Conakry, en Guinée, ont été formés par ALIMA à la prise en charge psychosociale de la détresse psychologique en contexte de COVID-19. Rencontre avec Jacob Gaouly, référent technique en santé mentale et soutien psychosocial pour ALIMA en Guinée, qui organise ces formations.

En quoi consiste votre travail ?
Je suis psychologue clinicien et j’ai rejoint ALIMA dans le cadre de la prise en charge psychosociale des patients souffrant de la COVID-19. En tant que référent technique en santé mentale et soutien psychosocial, je poursuis deux objectifs principaux : renforcer les capacités du personnel soignant afin d’améliorer la qualité des soins et superviser les psychologues dans leurs tâches quotidiennes.

Quelle est la formation que vous dispensez aujourd’hui ? 
Il s’agit d’une formation sur la prise en charge psychosociale (c’est-à-dire globale, de l’aide morale à la santé mentale, en passant par l’information sur la maladie) de la détresse psychologique en contexte de COVID-19. Une évaluation a révélé que certains patients souffrent de détresse psychologique et que les médecins et infirmiers n’ont, pour la plupart, pas été formés à la prise en charge psychologique. Cette formation a été jugée nécessaire pour que le personnel médical du centre de traitement COVID-19 de Donka puisse faire face aux différents types de comportements observés, à travers une écoute et une prise en charge basique de la détresse psychologique. La formation alterne cours magistraux et simulations de cas pratiques.

Qui est ciblé par cette formation ?
La formation vise les personnes qui ne sont pas spécialistes en santé mentale, donc l’ensemble des infirmiers et des médecins du centre de traitement de Donka sont concernés. Au total, nous comptons former plus de 200 médecins et infirmiers.

Pourquoi former les médecins et infirmiers à la prise en charge psychologique ?
Au centre de traitement de Donka, les psychologues ne sont que huit, c’est peu par rapport aux besoins. Cette formation permet au personnel soignant de pouvoir identifier un trouble et faire une première prise en charge de base des malades avant de les référer à un psychologue. Les activités de soutien psychosocial, essentielles dans ce contexte, sont ainsi renforcées.

Quels sont les troubles psychologiques liés à la COVID-19 les plus fréquents au centre de traitement de Donka ?
Dans le contexte particulier de la prise en charge de la COVID-19, un certain nombre de troubles sont fréquents : il y a notamment le stress aigu, les troubles liés à un deuil compliqué, les troubles dépressifs, les risques suicidaires. On trouve aussi, mais moins fréquemment, des troubles liés à la psychose, tels que le délire et l’illusion.

Quelles sont les situations spécifiques rencontrées par le personnel soignant qui nécessitent des compétences en prise en charge psychologique ?
Un niveau élevé de stress entraîne des comportements hostiles, agressifs, violents, voire un refus de la prise en charge médicale. Beaucoup de facteurs augmentent le stress des patients :
– des raisons économiques d’abord. Nous sommes en Guinée, où les gens vivent au jour le jour. Être hospitalisé un ou deux jours peut exacerber des problèmes financiers déjà existants.
– les conditions de référencement ensuite. Certains patients sont acheminés au centre de traitement par des ambulances ou par la police depuis leur domicile sans qu’ils aient le temps d’informer leurs parents ou de prendre des habits de rechange.
– l’isolement aussi. Les visites des proches des patients, qui contribuent normalement à réduire le stress, ne peuvent avoir lieu dans un centre de traitement COVID-19.
– enfin, certains patients ont perdu des êtres chers à cause de la COVID-19. Le fait qu’ils soient eux-mêmes testés positifs et qu’il n’existe toujours pas de traitement spécifique leur fait penser qu’ils vont mourir. Cela exacerbe encore leur stress.

Quels sont les difficultés liées au retour à la maison sur la santé mentale du patient ?
Malheureusement, le risque de rejet et de stigmatisation est très élevé. Nous avons remarqué qu’il y a des patients qui arrivent au centre sans avoir informé leur famille et d’autres qui en sortent sans dire qu’ils ont passé un séjour ici.

Que fait ALIMA pour réduire ces risques de stigmatisation et de rejet ?
À la sortie du centre de traitement, les patients passent un entretien de sortie avec les psychologues. L’entretien permet aux patients de faire ressortir tous les reproches qu’ils pourraient avoir gardés pour eux. Une sensibilisation est menée pour prévenir d’éventuels rejets en communauté, en famille ou au travail. On informe les patients sur les fausses croyances qui circulent sur la COVID-19, et qui pourraient amener des personnes à les rejeter. En cas de difficulté, les patients guéris peuvent appeler l’équipe de psychologues pour en parler et les aider à faire face à ces situations.

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Les activités d’ALIMA en Guinée dans la lutte contre la COVID-19 sont financées par l’Union européenne.
Le contenu de cette publication relève de la seule responsabilité d’ALIMA et ne reflète pas nécessairement les opinions de l’Union européenne.

Photo de couverture : SYDPRODUCTION / ALIMA

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