Reconstruire les vies des personnes déplacées internes au Burkina Faso

10-10-2021

Rencontre avec Dodo Ilunga Diemu, Coordonnateur santé mentale chez ALIMA et spécialisé dans la prise en charge psychosociale des populations victimes de violences au Burkina Faso.

Expliquez-nous l’importance de la prise en charge en santé mentale au Burkina Faso

Le Burkina Faso est actuellement confronté à une forte insécurité qui entraîne le déplacement de nombreuses personnes à l’intérieur de leur pays. Ces mouvements de population provoquent des cycles de vulnérabilité et constituent une source de stress post-traumatique. Lorsqu’un événement vous arrive brusquement et met votre vie en danger (quitter sa maison, son village sans y être préparé, assister à des massacres, fuir des menaces…), cela vous affecte psychologiquement, d’où l’importance de la prise en charge psychosociale. Cette prise en charge concerne les personnes déplacées, mais également les autochtones, qui partagent avec eux leurs habitations, leur nourriture, ou d’autres besoins essentiels, et sont donc eux aussi dans un cycle de vulnérabilité.

Depuis quand ALIMA intervient auprès des déplacés ?

ALIMA intervient au Burkina Faso en partenariat avec les ONG locales Keoogo et SOS Médecins Burkina Faso depuis 2012. Nos équipes ont commencé par la prise en charge médico-nutritionnelle et les urgences pédiatriques. Mais en janvier 2019, la situation sécuritaire s’est largement détériorée. Dans la nuit du 1er au 2 janvier, le village Yirgou a été attaqué par un groupe armé. Des représailles s’en sont suivies, et ont fait plusieurs victimes. Face à une telle situation et à ses conséquences sur les survivants, nous avons rapidement mis en place un accompagnement en santé mentale et un soutien psychosocial.

Concrètement, comment cette prise en charge est-elle effectuée ?

La phase de prise de contact avec les patients, possiblement traumatisés par leur expérience, est primordiale. Nous organisons donc des séances de psychoéducation dans la communauté ou dans les structures de santé de la zone, afin de détecter les personnes affectées psychologiquement. Lorsqu’un patient intègre le programme de prise en charge psychosociale, nous commençons par nous présenter et par expliquer notre rôle, en insistant sur la confidentialité du suivi. Dans de tels contextes sécuritaires, cette confiance  est un élément clé de l’adhésion du patient.

Après avoir identifié les symptômes chez le patient, nous mettons en place un plan d’action, en impliquant le patient dans la recherche des solutions à son problème. Des entretiens individuels, familiaux, ou encore des séances de groupe sont alors mis en place. Le nombre de séances de suivi dépend de l’évolution de l’état du patient.

Si la personne prise en charge a besoin d’un accompagnement en dehors des activités que nous offrons, nous l’orientons vers d’autres partenaires tel que notre partenaire local Keoogo, qui offre des services de protection et de réhabilitation aux enfants particulièrement vulnérables et a une longue expérience dans ce domaine.

L’histoire d’un(e) patient(e) vous a-t-elle particulièrement marqué ?

Je me souviens d’une jeune patiente que nous avions accompagnée. En juillet 2020, elle est allée à Bonde (Centre-Nord) pour rendre visite à sa mère et elle m’a confié :

« Un jour, pendant que je partais au marigot avec quatre autres filles de mon âge (17 ans à l’époque), des hommes armés nous ont encerclées et violées. J’étais effrayée et traumatisée. J’ai fait un test de grossesse et je suis enceinte. Ma tante, qui est ma tutrice, m’a demandé de garder l’enfant mais ma famille, mes parents, m’ont rejetée. Je suis en classe de quatrième et j’ai l’impression de ne plus avoir d’avenir. Je pleure sans cesse, je fais des cauchemars. »

Suite à ce traumatisme, le sentiment d’abandon que la jeune patiente éprouvait de la part de sa famille et de ses parents était très grand. Nous sommes alors entré en contact avec sa tante, car la patiente mineure était sous sa responsabilité. Sa tante a joué le rôle d’intermédiaire entre elle et ses parents, jusqu’à ce que nous ayions la possibilité d’échanger avec eux. Nous avons effectué une séance de sensibilisation pour les parents : nous leur avons expliqué le viol et ses conséquences et ils ont compris que leur fille était victime, non coupable. Suite à cette séance, le père de la patiente a convoqué le reste de la famille et depuis ce jour-là, sa mère l’accompagne à ses consultations médicales. Actuellement, la patiente a accouché. Elle et son enfant vont bien. Du fait des difficultés financières que la jeune femme traverse, nous l’avons référée vers notre partenaire Keoogo, afin qu’elle bénéficie d’une réinsertion socioéconomique.

Photo de couverture : © ALIMA

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