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26 septembre 2017

Nigéria: Mise à l’échelle des interventions médicales dans l’État de Borno

Suite à la déclaration du gouvernement nigérian de l’état d’urgence nutritionnelle en juillet 2016, ALIMA (The Alliance for International Medical Action) a été l’une des premières ONG internationales à se rendre sur le terrain à Monguno, dans le nord-est du pays, où des dizaines de milliers de personnes déplacées se sont réfugiées dans les camps et les communautés hôtes, fuyant les conflits entre les forces armées et le groupe islamiste Boko Haram.

Les personnes vivant à Monguno dépendent presque entièrement de l’aide extérieure car la ville, désormais hautement sécurisée et entourée de tranchées profondes, est coupée du reste de la région. Les familles ont un accès limité aux terres agricoles et les personnes qui s’aventurent à l’extérieur des camps risquent d’être enlevées ou tuées. Les travailleurs humanitaires atteignent généralement les camps par hélicoptère, car le trajet de 140 km de Maiduguri vers Monguno est considéré comme trop dangereux.

“La plupart des personnes déplacées se sont installées dans des abris de fortune parmi les communautés hôtes et ont peu d’accès à la nourriture, à l’éducation ou aux soins de santé”, a déclaré le docteur Jean-Paul Mushenvula De Bruyne, chef de mission pour ALIMA au Nigéria. “Les besoins médicaux sont énormes”.

Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) affirme qu’il y a actuellement 8,5 millions de personnes qui ont besoin d’aide humanitaire dans les États de Borno, Yobe et Adamawa. Sans cette aide, OCHA estime qu’environ 300 000 enfants dans l’État de Borno pourraient souffrir de malnutrition aiguë sévère cette année.

La présence d’ALIMA au Nigéria, qui était à l’origine une simple mission exploratoire pour évaluer les besoins, a grandement évolué depuis Juillet 2016. ALIMA soutient désormais 8 établissements de santé dans 3 zones de l’État de Borno. Depuis le début de l’année, les équipes médicales ont effectué plus de 50 000 consultations pédiatriques, ont traité plus de 5 600 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère et ont fourni des soins prénatals et post-natals à plus de 3 800 femmes enceintes.

Des soins primaires de santé et de nutrition

Dans la ville de Monguno, ALIMA a ouvert des cliniques médicales dans quatre des camps officiels pour les déplacés internes, ainsi qu’une clinique dans la communauté hôte de Bakassi. De plus, ALIMA soutient le centre de santé de la mère et de l’enfant, un établissement de soins d’une capacité de 29 lits qui sert d’hôpital de référence pour des cas compliqués de malnutrition nécessitant des soins intensifs. Les cliniques des camps reçoivent en moyenne 70 patients par jour. Chaque nuit, entre 10 et 15 enfants sont hospitalisés au centre médical.

À 140 kilomètres de là, à Maiduguri, capitale de l’État de Borno, ALIMA appuie un centre de nutrition thérapeutique intensif de 30 lits au sein de l’hôpital universitaire de Maiduguri (UMTH), qui est équipé pour soigner les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère avec complications. Le centre de nutrition de l’UMTH offre le niveau de soins le plus élevé de la région.

À la périphérie de Maiduguri, ALIMA dirige également une clinique de santé pour les personnes déplacées et les membres de la communauté hôte de Muna, où plus de 63 000 personnes se sont réfugiées. La clinique, qui reçoit entre 100 et 120 patients par jour, offre des soins de santé primaires gratuits et des soins ambulatoires contre la malnutrition pour les enfants de moins de 5 ans, ainsi que des consultations pré et post-natales pour les femmes enceintes.

Détecter la malnutrition

Dans les trois sites, les travailleurs de santé enseignent aux mères comment détecter la malnutrition chez leurs enfants, en utilisant un simple ruban coloré appelé MUAC, chaque fois qu’elles amènent leurs enfants pour une consultation. Depuis janvier, ALIMA a formé plus de 11 000 accompagnants à utiliser le MUAC dans l’État de Borno.

“Avant je ne comprenais pas ce qu’était la malnutrition”, déclare Mariam Umar, une déplacée de Muna, dont le fils de 2 ans, Youssouf, est traité pour malnutrition aiguë sévère avec paludisme au centre nutritionnel de l’UMTH. “Maintenant, j’ai appris quelles sont les causes de la malnutrition et comment savoir si mes enfants en souffrent.”

Une formation spécialisée pour améliorer les soins

Le 5 septembre 2017, ALIMA, en partenariat avec l’UNICEF, le Ministère de la santé et l’UMTH, a ouvert un centre de formation spécial au sein du centre nutritionnel de l’UMTH. L’objectif est de renforcer les capacités et d’accroître les compétences et les connaissances des personnels médicaux, notamment les médecins, les infirmières et les nutritionnistes, afin d’accroître l’efficacité et le bon fonctionnement quotidien des centres de stabilisation dans l’État de Borno. Actuellement, le traitement de la malnutrition aiguë sévère avec complications n’est pas toujours mis en avant à l’université.

Une intervention d’urgence

En septembre, l’équipe d’intervention d’urgence d’ALIMA est intervenue pour riposter à une épidémie de choléra ayant débuté dans un camp de personnes déplacées à Muna, en périphérie de Maiduguri. Nos équipes gèrent maintenant deux points de réhydratation orale (ORP) au sein des camps de Muna Garage et Custom House, où les patients sont dépistés et traités contre le choléra. A Monguno, ALIMA tient quatre sites de sels de réhydratation orale et deux ORP, dans quatre camps de déplacés et deux communautés hôtes.

“Nous continuons d’opérer sur le terrain, pour fournir non seulement des soins de santé et des soins nutritionnels en réponse aux besoins des personnes déplacées et des membres de la communauté hôte, mais aussi pour soutenir les autorités sanitaires locales en cas d’urgence”, a déclaré docteur Jean-Paul.



A Monguno, les activités d’ALIMA sont mises en place grâce au soutien du service de la Commission européenne à l’aide humanitaire et à la protection civile (ECHO) et d’OFDA (the office of U.S. foreign disaster assistance).

A Muna, les activités d’ALIMA sont mises en place grâce au soutien du service de la Commission européenne à l’aide humanitaire et à la protection civile (ECHO).

A Maiduguri, le projet de formation des soignants à la prise en charge hospitalière de la malnutrition dans l’ITFC de Maiduguri est mis en place grâce au soutien du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et d’OFDA (the office of U.S. foreign disaster assistance).


Photos : Sylvain Cherkaoui / ALIMA

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