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22 juin 2022

La crise alimentaire au Sahel dramatiquement aggravée par la guerre en Ukraine

Alors que l’Ukraine mobilise toutes les solidarités internationales, de nombreux pays du Sahel font face à une crise alimentaire dramatique. L’impact du conflit européen sur la situation en Afrique est malheureusement très négatif.

Dans un décret rendu public le 1er juin, le Tchad, troisième pays le moins développé au monde selon l’ONU, a déclaré « l’urgence alimentaire et nutritionnelle ». Une déclaration faite face à la « détérioration constante de la situation nutritionnelle » et « compte tenu du risque grandissant que les populations encourent si aucune assistance humanitaire (…) n’est apportée. »

Quand une crise en aggrave une autre

Dans un contexte d’augmentation de la pauvreté et de la faim, la crise en Ukraine vient dangereusement aggraver la situation avec une hausse du prix des denrées alimentaires. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, les prix des denrées pourraient encore augmenter de 20 % à l’échelle mondiale, une hausse catastrophique pour des populations en situation de vulnérabilité. Le conflit risque également de provoquer une baisse de la disponibilité du blé pour plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest qui importent entre 30 % et 50 % de cette denrée de Russie ou d’Ukraine.

L’aide financière humanitaire actuelle à destination de l’Afrique de l’Ouest provient de grands bailleurs institutionnels. Or, la réponse au conflit ukrainien mobilise subitement une part très importante de cette aide. ALIMA s’inquiète donc que le sous-financement de la réponse humanitaire en Afrique ne soit encore davantage exacerbé dans un contexte où il devrait pourtant augmenter sensiblement.

Un devoir d’assistance universel
« Nos interventions, en tant qu’humanitaires, obéissent à un devoir d’assistance universel qui ne devrait souffrir d’aucune exception, d’aucun traitement différencié, estimait Moumouni Kinda – Directeur Général d’ALIMA – dans une tribune publiée le 10 mai 2022 dans le journal La Croix. Pourtant les ressources mobilisées en Ukraine en quelques semaines contrastent fortement avec le sous-financement de nombreuses crises humanitaires, notamment en Afrique. L’Ukraine, c’est le juste niveau de solidarité et de prise en charge, il devrait être la norme pour les réponses à toutes les crises, partout ailleurs. »

En 2021, seulement 48 % du plan de réponse humanitaire pour l’Afrique de l’Ouest avaient été financés, largement en deçà des besoins. Pour éviter la catastrophe, ALIMA exhorte les gouvernements et les bailleurs de fonds à augmenter sensiblement leurs financements pour une réponse humanitaire à la hauteur des défis.

« Les familles et leurs enfants subissent une crise nutritionnelle dans la région sahélienne. Il est urgent de renforcer la réponse humanitaire dans la région pour fournir des soins médicaux et nutritionnels aux enfants touchés. Nous avons besoin d’une augmentation immédiate des financements pour répondre à ces urgences », insiste Moumouni Kinda.

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