ALIMA en 2020 : des défis et des réponses sans précédent

En 2020, ALIMA a soigné 1,3 million de patients dans 12 pays, tout en répondant à la COVID-19, à la malnutrition, Ebola et Lassa.

L’année 2020 a été marquée par la pandémie de COVID-19. Dès janvier, ALIMA (The Alliance for International Medical Action) s’est préparée à répondre à l’épidémie. Lorsque les premiers cas ont été signalés en février, les équipes d’ALIMA étaient déjà sur le terrain, prêtes à intervenir. Depuis, ALIMA avons traité plus de 6 000 patients atteints de la COVID-19 et formé plus de 5 000 agents de santé à la prise en charge des patients et aux mesures de prévention et de contrôle des infections.

Mais la COVID-19 n’a pas été la seule urgence sanitaire en 2020. Dans de nombreux pays, la pandémie a exacerbé d’autres urgences médicales, notamment la malnutrition. Au-delà de la réponse d’ALIMA au coronavirus, nos équipes étaient là, chaque jour, pour continuer à fournir des soins gratuits aux populations les plus vulnérables, tels que les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Des consultations prénatales aux vaccinations contre le paludisme, de la chirurgie d’urgence à la vaccination, d’Ebola à la fièvre de Lassa… ALIMA et ses partenaires étaient présents sur le terrain, tout en poursuivant leurs projets de recherche pour transformer la médecine humanitaire.

Ces photographies témoignent des actions et de l’impact d’ALIMA cette année : 12 pays, 2 000 employés, 1,3 million de patients. Soigner, innover, ensemble.

Burkina Faso

ALIMA Burkina Faso Epidemies et Maladies emergentes COVID 19 2020 Copyright Olympia de Maismont ALIMA Photos 55
© Olympia de Maismont / ALIMA

Sagbo Chivanot Afavi est superviseur médical pour le consortium ALIMA / SOS Médecins Burkina Faso / KEOOGO au Centre hospitalier universitaire de Tengandogo à Ouagadougou, au Burkina Faso. Grâce au travail de l’équipe, 237 des 288 patients atteints de la COVID-19 admis à l’hôpital en sont sortis guéris.

« Savoir que je peux apporter mon aide pour satisfaire les patients est une fierté, surtout durant cette pandémie. »

Cameroun

ALIMA Cameroun Epidemies et Maladies emergentes Covid 19 2020 Copyright Daniel Beloumou ALIMA Photos 25
© Daniel Beloumou / ALIMA

Chaque matin, dans la zone de triage de l’hôpital central de Yaoundé au Cameroun, le personnel d’ALIMA a accueilli des patients venus passer un test COVID-19. ALIMA a aidé à organiser le flux des patients suspects et a fourni le matériel d’hygiène nécessaire à la limitation de la propagation et à la prise en charge. Au total, 70 professionnels de la santé locaux ont été formés par ALIMA sur les mesures de prévention et de contrôle des infections. Mi-juillet 2020, lorsque le centre de prise en charge des cas graves de la COVID-19 a fermé, 268 patients avaient été admis, et 237 en étaient sortis guéris.

République Centrafricaine

ALIMA RCA Sante maternelle et infantile Unite neonatale Boda 2020 copyright Cora Portais Photos 088
© Cora Portais / ALIMA

Nadine Ghislaine Bemba, sage-femme ALIMA à l’hôpital de Boda en République centrafricaine, écoute les battements du cœur de l’enfant de Solange Maïcro, enceinte de 7 mois. En République centrafricaine, le taux de mortalité maternelle est le deuxième plus élevé au monde, ce qui rend les soins de santé maternelle gratuits et accessibles de qualité essentiels. En 2020, ALIMA a aidé plus de 34 000 femmes à accoucher en toute sécurité dans l’ensemble de ses pays d’intervention.

ALIMA RCA Sante maternelle et infantile Unite neonatale Boda 2020 copyright Cora Portais Photos 010
© Cora Portais / ALIMA

A l’hôpital de Boda en République centrafricaine, Estella Dimanche a donné naissance à des jumeaux : un garçon et une fille! Bien qu’elle ait mené sa grossesse à terme, les deux bébés sont nés en insuffisance pondérale et ont dû être hospitalisés à l’unité néonatale, où ils ont reçu de l’oxygène supplémentaire et des antibiotiques. Après neuf jours d’hospitalisation, les jumeaux ont pu rentrer à la maison. Depuis, deux fois par semaine, Estella les emmène à pied à l’unité néonatale pour suivre leur prise de poids.

« Je suis très reconnaissante envers l’équipe médicale ici car s’ils n’avaient pas été là, je ne sais pas ce que mes enfants et moi serions devenus. Merci parce qu’on m’a sauvé la vie et celle de mes enfants. »

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© Cora Portais / ALIMA

Aubin, 39 ans, et chauffeur pour ALIMA, pose devant son véhicule au bureau de Bangui, en République centrafricaine. Originaire de Boda, ville située à environ 190 kilomètres de Bangui où ALIMA soutient les principales structures de santé en matière de soins de santé primaires et maternels, Aubin a parcouru cette route d’innombrables fois au cours des deux dernières années pour aider au transport du personnel, des patients et du matériel médical. Pendant la saison des pluies, le trajet entre les deux villes peut prendre jusqu’à huit heures. Malgré les conditions difficiles, Aubin dit :

« Je suis natif de Boda. Je peux conduire sur cette route car je la connais très bien. »

Guinée

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© ALIMA

Au centre de traitement COVID-19 de l’hôpital Donka, capitale de la Guinée, un technicien de laboratoire ALIMA se prépare à tester l’échantillon sanguin d’un patient suspecté d’avoir contracté la COVID-19. ALIMA, en partenariat avec l’Agence nationale de sécurité sanitaire de Guinée, a pris en charge plus de 4 000 patients suspects et confirmés dans cet établissement, qui est le plus important du pays dans la gestion de la pandémie. ALIMA a également dispensé de nombreuses formations au personnel local sur la prévention et le contrôle des infections, mais aussi sur les soins spécifiques aux patients infectés, les soins intensifs et la réanimation. Des médicaments et du matériel indispensable, tels que des équipements de protection individuelle et des concentrateurs d’oxygène, ont également été fournis par notre organisation.

Tchad

ALIMA TCHAD Malnutrition aigue UNT 2020 copyright Mamadou Diop ALIMA Photos 16 1
© Mamadou Diop / ALIMA

Chaque année, l’hôpital de l’amitié Tchad-Chine de N’Djaména, au Tchad, connaît un pic d’hospitalisations d’enfants souffrant de malnutrition. Parfois, deux ou trois enfants doivent partager un seul lit. Cette année, pour éviter toute contamination à la COVID-19, nos équipes ont dû réaménager l’espace de l’unité nutritionnelle thérapeutique. Les lits ont été placés à distance suffisante pour garantir la sécurité d’enfants déjà fortement affaiblis. En 2020, ALIMA et son partenaire local Alerte Santé ont pris en charge près de 22 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère. 2 800 d’entre eux ont dû être hospitalisés.

ALIMA TCHAD Malnutrition aigue UNT 2020 copyright Mamadou Diop ALIMA Photos 27 1
© Mamadou Diop / ALIMA

Zara Mahamat a amené sa fille Haoua de trois ans à l’unité nutritionnelle thérapeutique de l’hôpital de l’amitié Tchad-Chine à N’Djamena, au Tchad. Chez elle, chaque semaine, elle mesure le périmètre brachial de sa fille à l’aide d’un bracelet PB-Mères. Elle est venue jusqu’ici car elle soupçonne que sa fille souffre de malnutrition. Zara fait partie des plus de 47 000 mères tchadiennes formées cette année à l’utilisation du bracelet PB-mères.

République Démocratique du Congo

ALIMA RDC Sante maternelle et infantile Selection ECHO 2020 copyright Pamela Tulizo ALIMA Photos 13
© Pamela Tulizo / ALIMA

Espérance Kavira Kavota – qui porte une charlotte blanche – est infirmière en République démocratique du Congo. Elle travaille actuellement au bloc opératoire de l’hôpital général de Beni. Sur la photographie, une collègue l’aide à enfiler son équipement de protection individuelle avant une opération. ALIMA renforce aussi les activités de soins de santé primaires, de nutrition et de protection dans sept centres de santé de la ville. Pendant la 10ème épidémie d’Ebola, entre août 2018 et juin 2020, Espérance était infirmière au centre de traitement Ebola géré par ALIMA dans la province du Nord-Kivu.

Mali

ALIMA Mali BAMAKO 2022 Photos actions humanitaires 04
© Seyba Keita / ALIMA

Bintou, 15 mois, a été conduite par sa maman dans un centre de santé communautaire de la commune I de Bamako, au Mali, car elle était très malnutrie. Malgré son suivi par les équipes d’ALIMA et de l’AMCP-SP (l’Alliance Médicale Contre le Paludisme – Santé Population), son partenaire local, Bintou ne prenait pas de poids. Les équipes médicales ont décidé de l’hospitaliser et elle a été admise à l’URENI (Unité de Réhabilitation Nutritionnelle Intensive) du centre de santé de référence de la commune I de Bamako. Sur l’image, une assistante nutritionnelle donne à Bintou du lait thérapeutique, spécialement conçu pour les enfants malnutris souffrant de complications, ce qui nécessite leur hospitalisation

Mauritanie

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© Mohammed Youness / ALIMA

Molaye Ahmed, infirmière obstétrique, rencontre sa patiente Lalla Marieme, pour une consultation prénatale au centre de santé d’ALIMA de Fassala, en Mauritanie. Lalla est enceinte de neuf mois et jusqu’à présent, elle et le bébé sont en bonne santé. Molaye, avec l’une de ses collègues sages-femmes, sera là pour aider Lalla lorsqu’elle accouchera. En plus de fournir des soins de santé primaires gratuits à Fassala, les équipes d’ALIMA travaillent également dans la ville voisine de Bassikounou et au camp de Mbera, qui abrite désormais plus de 80 000 réfugiés maliens. Concernant les besoins de la communauté, Molaye explique :

« Nous n’avons pas le temps de nous ennuyer ici ! Le plus gratifiant, c’est lorsque l’accouchement se déroule bien, sans aucune complication. »

Niger

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© Jennifer Lazuta / ALIMA

Dans le cadre du programme PB-mères d’ALIMA, les mamans sont formées à l’utilisation d’un bracelet tricolore pour mesurer le périmètre brachial de leurs enfants à la maison. Elles peuvent ainsi détecter les premiers signes de malnutrition, réduisant ainsi le risque d’hospitalisation.

Sur la photographie, une mère originaire de Mirriah, ville située dans la région de Zinder au Niger, explique ce que signifient les couleurs verte, jaune et rouge. Le contexte de la COVID-19 rend l’utilisation de ce bracelet PB-mères d’autant plus important puisque de nombreuses familles avaient peur de se rendre dans les centres de santé. Les campagnes de dépistage de masse de la malnutrition ont même été annulées par souci de respect des mesures de barrière. En 2020, ALIMA et son partenaire local BEFEN (Bien-Être des Femmes et des Enfants au Niger) ont formé 113 000 mères à l’utilisation du bracelet PB-mères.

« La malnutrition est un fléau ici. Si toutes les mères peuvent détecter précocement la malnutrition de leurs enfants grâce au bracelet PB-mères, nous pouvons en venir à bout. Cela nous permet de mieux prendre soin de nos enfants. »

Gagé Maazou, mère de trois enfants et originaire de Mirriah

Nigeria

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© Stephanie Abel / ALIMA

Après deux jours de forte fièvre, Hassana Hamza, cinq ans, a été amenée par sa maman à la clinique d’ALIMA à Gula, à Hawul, dans le sud Borno au Nigeria. Un test de diagnostic rapide a rapidement révélé qu’elle avait le paludisme. Sur la photographie, elle reçoit sa première dose de traitement par Madame Hannatu, agent de santé à la clinique. Hassana continuera à recevoir des traitements à la maison. A Hawul, ALIMA fournit des soins de santé gratuits aux enfants de moins de cinq ans et aux femmes enceintes dans cinq centres de santé. En 2020, près de 14 000 enfants âgés de moins de 5 ans ont bénéficié de consultations.

Sénégal

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© Ricci Shryock / ALIMA

À l’hôpital universitaire de Fann à Dakar, au Sénégal, les agents de santé du Centre de traitement épidémiologique sont unis pour soigner les patients atteints de la COVID-19. Pour appuyer la réponse à la pandémie, ALIMA a aidé à mettre en place un circuit de triage au sein de l’hôpital, a renforcé les mesures de prévention et de contrôle des infections, a participé à la prise en charge des patients et a fait don de matériel médical, y compris des concentrateurs d’oxygène, vitaux pour les patients souffrant de détresse respiratoire.

« Cela fait vraiment chaud au cœur de voir un malade retrouver la santé. Ces guérisons nous donnent la force de traverser les moments difficiles et nous permettent de garder espoir pour les autres patients. »

Dr Boly Ameth Niang, responsable des soins au centre de traitement épidémiologique de la COVID-19 (deuxième en partant de droite).
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© Sylvain Cherkaoui / ALIMA

Dans le centre de traitement épidémiologique de l’hôpital universitaire Fann à Dakar, un agent de santé se prépare à entrer dans la « zone rouge » de l’unité COVID-19. À l’intérieur de cette zone, les agents de santé sont en contact avec des patients testés positifs au virus et doivent porter un équipement de protection individuelle complet pour se protéger d’une éventuelle infection. Cette année, plus de 600 patients ont été admis dans les centres de traitement COVID-19 soutenus par ALIMA à Dakar et dans sa banlieue à Yeumbeul, pour y être soignés.

Soudan du Sud

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© Patrick Meinhardt / ALIMA

Matoyo Akot Deng, infirmier, s’apprête à administrer un vaccin lors d’une campagne de la clinique mobile ALIMA de Riang Makuei, dans la région d’Aweil, au nord de l’État de Bahr el Ghazal au Soudan. Depuis 2017, ALIMA gère des cliniques mobiles à Aweil pour fournir des soins de santé primaires aux communautés qui n’ont pas accès à un centre de santé. Grâce à ces équipes mobiles, la population locale bénéficie de campagnes de vaccination et de dépistage de la malnutrition, de tests et de traitements contre le paludisme et de consultations prénatales.

« Les cliniques mobiles ont été développées comme stratégie pour répondre à un accès limité aux soins. Elles permettent de fournir des soins de qualité et de se rapprocher des communautés, car l’accès à la santé est un grand défi ici. »

Dr Simon Deng Garang, médecin à la clinique mobile ALIMA

MERCI !

ALIMA remercie ses équipes sur le terrain, ses partenaires, ses donateurs, les photographes, et tous les patients qui ont partagé leurs histoires.

Photo de couverture : © Jean – Bernard Senat / ALIMA