L’épidémie de coronavirus en Afrique reste préoccupante. De nombreux pays du continent ne disposent toujours pas de capacités de dépistage suffisantes pour diagnostiquer les patients, ni d’un nombre suffisant de soignants qualifiés, d’équipements de protection ou de matériel médical, notamment d’appareils respiratoires permettant de sauver des vies. Certains pays risquent d’être confrontés à une « double crise sanitaire », le COVID-19 amplifiant des taux de mortalité déjà élevés liés au paludisme, à la malnutrition, aux maladies diarrhéiques et aux infections respiratoires.
Pour lutter contre la mortalité liée au COVID-19, ALIMA s’est engagée à soutenir les Ministères de la Santé de ses pays d’intervention.
Découvrez en images la réponse d’urgence menée par ALIMA en soutien au Centre de traitement COVID-19 à Dakar, Sénégal, à l’Hôpital universitaire de Fann.
Rencontre avec le Dr Modet Camara
Originaire de Guinée, le Dr Modet Camara est actuellement en mission au Sénégal, où il travaille comme responsable de l’équipe médicale d’ALIMA à Dakar pour l’intervention COVID-19.
Son rôle actuel dans la crise : soutenir le Ministère sénégalais de la Santé et les équipes sur le terrain, pour les soins et le traitement des patients infectés, ainsi que la mise en place d’une unité de triage afin de détecter la maladie plus tôt et d’isoler les cas suspects.
Il travaille également sur l’organisation des activités de prévention et de contrôle des infections. Chaque matin, le Dr Modet Camara se réveille tôt pour rejoindre le centre hospitalier de Fann.
À l’entrée de l’Hôpital universitaire de Fann à Dakar, la température des visiteurs et du personnel est contrôlée et chaque personne doit se laver les mains avec une eau spécialement chlorée avant d’entrer dans l’hôpital.
Dès son arrivée à l’hôpital, le Dr Modet Camara rejoint le personnel de santé.
Une situation alarmante
Le SARS-COV-2 est un virus infectieux qui se transmet entre les humains par des gouttelettes respiratoires et qui peut attaquer les poumons et d’autres organes vitaux. Aucun vaccin ni traitement n’est encore disponible.
Le coronavirus se propage le plus facilement dans les lieux très fréquentés où les conditions d’hygiène et d’assainissement sont insuffisantes.
« Les systèmes de santé africains sont très fragiles et ne sont pas prêts à faire face à cette pandémie. La situation est assez alarmante. »
Dr Papys LAME, responsable médical du service Urgences d’ALIMA.
Selon le Ministère de la Santé sénégalais : 5 173 cas ont été signalés dans le pays, au 15 juin 2020. Parmi ces cas, 3 424 patients ont été déclarés guéris au Sénégal et 64 personnes sont décédées.
Les besoins vitaux
Le défi constant est de fournir autant de matériel médical et de protection individuelle que possible et de trouver les ressources humaines, médicales et logistiques pour aider à gérer le flux de patients.
La propagation de la pandémie de COVID-19 a été très rapide, les frontières ont ainsi été fermées affectant l’exportation de matériel médical essentiel, tel que les équipements de protection et les médicaments. Certaines fournitures pouvaient être obtenues localement, mais sans pouvoir atteindre le volume nécessaire, essentiel à l’approvisionnement de nos projets.
Les médecins, les infirmières et les autres membres du personnel ne pouvaient plus se déplacer d’un pays à l’autre pour aider les régions ou pays qui en ont le plus besoin.
« Nous avons dû nous adapter très rapidement et trouver de nouvelles solutions pour garantir la sécurité de nos équipes sur le terrain et la prise en charge de nos patients. »
Oumy MBAYE, responsable de l’approvisionnement d’ALIMA
À mesure que la pandémie COVID-19 se propageait, les frontières ont été fermées et plusieurs gouvernements ont imposé des restrictions à l’exportation de certains matériels essentiels et les équipements de protection individuelle.
Certaines réserves ont pu être obtenues localement, mais sans atteindre le volume nécessaire, et les pays, notamment européens, qui sont les sources régulières d’approvisionnement pour nos projets, ne pouvaient plus expédier d’équipements de secours. Les médecins, les infirmières et les autres membres du personnel ne pouvaient pas se déplacer d’une région ou d’un pays à l’autre pour aider les régions qui en avaient le plus besoin.
Un des besoins les plus importants : l’oxygène.
Grâce à la campagne « Oxygen for Africa » et à d’autres soutiens, 18 concentrateurs d’oxygène et autres équipements respiratoires ont été livrés à l’Hôpital de Fann.
Covid-19 au Sénégal : ALIMA soutient les agents de santé
La protection du personnel
Avant d’entrer dans le service de traitement et de commencer leurs consultations, tout le personnel doit mettre un équipement de protection individuelle. Celui-ci comprend un masque, des gants, des bottes, des lunettes de protection et une sur blouse médicale ou une combinaison.
Dans la « zone rouge», où sont traités les patients atteints de COVID-19, Astou Diop, une infirmière du Ministère de la santé sénégalais, vêtue d’un équipement de protection individuelle, rend visite aux patients.
Préparer l’accueil des patients infectés
Lorsqu’un patient est admis à l’Hôpital universitaire de Fann à Dakar, il est directement dirigé en ambulance vers l’unité de triage du Centre de Traitement COVID.
« A l’entrée de l’unité COVID, le patient est immédiatement examiné et pris en charge par le personnel médical qui le transfère ensuite dans une chambre individuelle, où l’équipe médicale du Centre de traitement pourra lui prodiguer les soins nécessaires. »
Nicolas Mouly, responsable du service Urgences & Ouvertures d’ALIMA
Après avoir terminé leur ronde, le Dr Modet Camara et les autres membres du personnel doivent enlever et désinfecter soigneusement leur équipement de protection, à la sortie de la salle de traitement.
Le témoignage d’Anna*
Quand Anna*, une étudiante de 24 ans de Dakar a commencé à souffrir de maux de tête, de toux et de courbatures, elle est allée voir son médecin. Elle a immédiatement été orientée vers les urgences, où elle a été testée pour le COVID-19.
Le lendemain, le test d’Anna est revenu positif et elle a été transférée en ambulance au centre de traitement de l’hôpital de Fann.
« J’avais très peur… Je pleurais tous les jours… J’avais des difficultés à respirer, mais heureusement je n’avais pas besoin d’oxygène supplémentaire… Heureusement que les médecins étaient là, ils me rassuraient tous les jours : Vous allez aller mieux ! »
Anna*
Cinq jours après son admission à l’hôpital, son état a commencé à s’améliorer et Anna a pu rentrer après avoir été testée négative au COVID-19. « J’étais si heureuse », dit-elle, en apprenant la nouvelle. Anna fait partie des plus de 3 424 patients qui ont survécu au coronavirus grâce aux soins reçus à l’Hôpital de Fann.
Pour le Dr Modet Camara, sa plus grande joie est de voir un patient sortir de l’hôpital en bonne santé :
« Nous sommes ici pour sauver des vies et nous ne pouvons pas le faire sans l’équipement nécessaire. En tant que médecin, je me sens heureux lorsque les patients dont la santé est en jeu se remettent sur pied et sont débarrassés de ce virus. »
Ce projet est rendu possible, notamment grâce aux financements de l’AFD (Agence Française de Développement), d’Unitaid et de la Fondation Sanofi Espoir.
Photo de couverture par John Wessels / ALIMA – *Le prénom a été modifié afin de protéger l’identité du patient.
