Un sachet, une chance : l’histoire de Mariam et Hassan

Dans le district de N’Gouri, le projet OptiMAx associe vaccination et supplémentation nutritionnelle pour encourager les familles à revenir au centre de santé. À travers le parcours d’une mère, on voit comment un geste simple peut transformer la confiance, l’appétit et la fréquentation des services de santé.

L’arrivée au centre

Mariam arrive au centre de santé avec Hassan, son petit garçon de dix-neuf mois, et le carnet de vaccination serré contre elle. « Mon mari est resté au village, je suis allée à l’hôpital seule, avec mon enfant », dit-elle d’un ton calme. Au début, les vaccins étaient réguliers ; puis, avec le temps, les rendez-vous se sont espacés et le carnet n’était plus à jour.

Vers l’âge de six mois, la santé de Hassan se détériore. « Pendant quarante jours, il a refusé de prendre mon lait, il est tombé très malade », raconte Mariam. Ils consultent d’abord un marabout dans leur village, sans amélioration. C’est finalement au centre de santé que l’enfant bénéficie d’une prise en charge adaptée. L’équipe met à jour les vaccins et propose l’inscription du petit Hassan au programme OptiMAx.

L’introduction du SQ‑LNS

Au centre d’intervention, on explique le principe du projet : après vérification du carnet vaccinal et une évaluation nutritionnelle, des sachets de SQ-LNS (Small Quantity Lipid-Based Nutrient Supplement) sont distribués.

« À six mois, on nous a admis au programme OptiMAx et on lui a donné des compléments nutritionnels », se souvient Mariam. Les débuts sont difficiles. Hassan refuse d’abord ce nouvel apport dans son alimentation, surpris par la saveur.

Mariam persévère malgré les refus. « Ce n’était pas simple, il n’acceptait pas toujours », confie-t-elle. Progressivement, l’appétit revient. Les nuits sont moins agitées, la vitalité de l’enfant s’améliore, et les visites au centre redeviennent régulières. Ce qui avait commencé comme une contrainte devient peu à peu un rendez‑vous de confiance.

Le changement visible

Aujourd’hui, Mariam constate la différence : « La santé de mon enfant s’est améliorée grâce aux vaccins et aux compléments ». Elle recommande le programme aux autres mères : « Je conseille aux autres mères d’amener leurs enfants pour la vaccination, et de profiter des compléments nutritionnels. Cela aide vraiment ». Pour elle, l’association vaccination et supplémentation a été décisive.

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Cartons de sachets SQ-LNS stockés dans l’entrepôt dans l’enceinte de l’hôpital de District à Ngouri.  Octobre 2025, Ngouri, Tchad. © ALIMA

Ce que mesure OptiMAx

L’étude OptiMAx vise à mesurer trois effets concrets : l’augmentation de la couverture vaccinale, la réduction de la prévalence de la malnutrition, et une meilleure fidélisation des familles aux services de santé. Le projet repose sur une idée simple : associer un bénéfice immédiat (le sachet SQ‑LNS) à un acte préventif (la vaccination) afin de créer une dynamique positive autour du suivi pédiatrique.

Mené sous la forme d’un essai contrôlé randomisé en grappes, OptiMAx est déployé dans 12 centres de santé au Tchad : six centres pilotes où les interventions nutritionnelles sont intégrées aux séances de vaccination, et six centres contrôles où la vaccination se poursuit selon les méthodes habituelles sans supplémentation nutritionnelle.

À ce jour, 1839 enfants âgés de 6 à 12 mois ont bénéficié du programme OptiMAx.

L’histoire de Mariam et Hassan montre que l’intégration nutrition-vaccination peut produire des résultats tangibles : carnets remis à jour, appétit retrouvé, et confiance restaurée. À Ngouri, pour Mariam, cela a surtout permis une chose essentielle : revenir au centre de santé avec la certitude que son enfant y trouvera une réponse complète à ses besoins. 

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Mariam Adam, maman du petit Hassan, assise sur une natte devant sa case. Octobre 2025, Ngouri, Tchad. © ALIMA

Cette étude est rendue possible grâce à la contribution financière de la Fondation Gates et Edesia Nutrition, et s’étend sur une période de 24 mois. Ils financent également un essai similaire et simultané à Mirriah, au Niger.

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