Burkina Faso: des micronutriments pour mieux protéger les femmes enceintes et leurs bébés

Au Burkina Faso, six femmes enceintes sur dix souffrent d’anémie . Pour améliorer la nutrition maternelle et prévenir les carences pendant la grossesse, l’Alliance ALIMA-KEOOGO-SOS Médecins BF soutient le ministère de la Santé dans l’introduction des Suppléments en Micronutriments Multiples (MMS), déployés dans plusieurs districts sanitaires.

Aïssata Ouédraogo, 34 ans, est enceinte de son troisième enfant. Assise dans une salle du centre de santé du premier échelon, dans le district sanitaire de Kombissiri, elle participe, avec d’autres femmes enceintes, à une séance de sensibilisation sur la nutrition pendant la grossesse, animée par la sage-femme Soulga Diane.

Quelques minutes plus tard, c’est à son tour de passer en consultation prénatale. Aïssata reçoit des MMS, ainsi que des explications sur l’importance de les prendre chaque jour, selon la posologie recommandée et sans interruption. 

Pour cette mère de deux enfants, cette grossesse est différente des précédentes. Elle connaît déjà l’importance des consultations prénatales, mais c’est la première fois qu’elle bénéficie des MMS.

« Lors de mes deux précédentes grossesses, je recevais d’autres comprimés, mais pas ceux-ci. Quand les agents de santé m’ont expliqué qu’ils contenaient plusieurs nutriments importants pour moi et pour mon bébé, j’ai décidé de suivre leurs conseils. »

Aujourd’hui, Aïssata  affirme constater une différence.

« Depuis que je prends les MMS, je me sens moins fatiguée qu’au cours de mes précédentes grossesses. J’ai plus d’énergie pour mes activités quotidiennes et je me sens rassurée de savoir que je fais quelque chose de bon pour la santé de mon bébé. »

Comme Aïssata, de nombreuses femmes découvrent les MMS lors des consultations prénatales organisées dans les centres de santé appuyés par l’Alliance ALIMA-KEOOGO-SOS Médecins BF.

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Soulga Diane, sage-femme, remet des MMS à Aissata lors d’une consultation prénatale.

Sensibiliser pour favoriser l’adhésion

Avant la remise des comprimés, les femmes enceintes participent à des séances de sensibilisation animées par les agents de santé. À l’aide d’une boîte à images, Soulga Diane explique l’importance des consultations prénatales régulières, d’une alimentation équilibrée et de la prise quotidienne des MMS.

« Nous expliquons aux femmes que ces comprimés sont importants pour leur santé mais aussi pour la croissance de leur bébé. Lorsqu’elles comprennent leur utilité, elles les prennent plus régulièrement. »

Ces échanges permettent également de répondre aux questions des participantes et de les accompagner dans l’adoption de bonnes pratiques nutritionnelles pendant la grossesse.

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La sage-femme sensibilise des femmes enceintes à la nutrition maternelle et à l’importance des MMS.

Quinze micronutriments composés de vitamines et de minéraux dans un seul comprimé

Les MMS contiennent quinze vitamines et minéraux essentiels, dont le fer et l’acide folique. Ils contribuent à prévenir l’anémie, à soutenir le développement du fœtus et à réduire certains risques liés à la grossesse, notamment les malformations congénitales, les naissances prématurées et le faible poids à la naissance.

« Pendant la grossesse, le bébé a besoin de nombreux nutriments pour bien grandir. Si la mère présente des carences, cela peut avoir des conséquences sur sa santé et celle de son enfant. Les MMS permettent d’apporter ces nutriments essentiels dans un seul comprimé. »

Soulga Diane

Au Burkina Faso, l’anémie touche encore une grande proportion de femmes enceintes et allaitantes. Selon le Dr Noufou Ouédraogo, coordonnateur du projet, cette situation justifie le renforcement de la supplémentation nutritionnelle pendant la grossesse.

« Au Burkina, six femmes sur 10 souffrent d’anémie, un taux deux fois supérieur à la moyenne mondiale. De plus, seuls 15 % des femmes en âge de procréer  ont une alimentation diversifiée selon les normes de l’OMS. C’est face à cette réalité que nous mettons en place ce projet, en appui au ministère de la Santé, pour contribuer à la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale. »

Dr Noufou Ouédraogo

Les MMS sont recommandés dès les trois premiers mois de grossesse et jusqu’à 42 jours après l’accouchement, afin d’assurer un apport suffisant en micronutriments pendant cette période essentielle pour la santé de la mère et de l’enfant.

Une approche qui va au-delà des comprimés

Au-delà de la distribution des comprimés, les équipes de santé accompagnent les femmes tout au long de leur grossesse. Lors des consultations prénatales, elles bénéficient de conseils nutritionnels, d’un suivi du gain de poids et d’informations sur l’allaitement maternel. Le projet accorde également une place importante à la sensibilisation communautaire. Des émissions radio, des causeries éducatives et des visites à domicile sont menées par les agents de santé à base communautaire afin d’encourager les femmes à consulter dès les premiers mois de grossesse car dans les districts sanitaires appuyés par l’Alliance en moyenne seules 3 femmes sur 10 viennent aux consultations prénatales dans le 1er trimestre de grossesse.

Pour Aïssata, cet accompagnement est aussi important que les comprimés eux-mêmes.

« Les séances de sensibilisation m’ont permis de mieux comprendre les besoins nutritionnels pendant la grossesse. J’ai aussi appris davantage sur l’alimentation et sur les soins à apporter au bébé après la naissance. »

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Lors d’une émission radiophonique, Dr Noufou   Ouedraogo, coordonnateur du projet accompagné des agents du district, sensibilise les femmes enceintes et allaitantes à la nutrition maternelle et aux MMS.

Un projet déployé dans six districts sanitaires

Depuis novembre 2025, l’Alliance ALIMA-KEOOGO-SOS Médecins BF accompagne le ministère de la Santé dans l’introduction et l’extension des MMS. Le projet est mis en œuvre dans les districts sanitaires de Baskuy, Bogodogo, Nongr-Massom, Sig-Noghin, Boulmiougou et Kombissiri.

À ce jour :

  • 177 formations sanitaires sont appuyées ;
  • 837 agents de santé ont été formés ;
  • 351 relais communautaires ont été formés ;
  • plus de 281 000 personnes ont été sensibilisées ;
  • près de 9 646 femmes enceintes reçoivent chaque mois une supplémentation en MMS pour la première fois.

Ces résultats témoignent d’un déploiement progressif des MMS dans les services de santé, mais aussi d’un travail de proximité pour mieux informer les femmes enceintes, leurs familles et les communautés.

Construire l’avenir dès la grossesse

Au Burkina Faso, les carences nutritionnelles continuent d’affecter la santé des femmes et des enfants. À travers l’introduction des MMS et le renforcement des services de santé, le projet contribue à améliorer la nutrition maternelle et à offrir aux nouveau-nés un meilleur départ dans la vie.

À quelques semaines de son accouchement, Aïssata poursuit sa supplémentation avec confiance. Pour cette mère de famille, cette troisième grossesse est aussi l’occasion de découvrir une nouvelle approche de la nutrition maternelle.

« Si ces comprimés peuvent aider les femmes enceintes et leurs bébés à rester en bonne santé, je pense qu’il est important que toutes les femmes du Burkina puissent en bénéficier. »

Dans les districts appuyés par le projet, chaque consultation prénatale devient aussi un moment d’information, de prévention et de protection pour les mères comme pour les enfants à naître.