22 janvier 2019 : déclaration de l’épidémie de la fièvre de Lassa dans 8 Etats du Nigeria
La fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique aiguë et mortelle, endémique en Afrique de l’Ouest. Selon l’Institut Pasteur, elle contamine 100 000 à 300 000 personnes par an. Le virus est généralement transmis aux humains par l’urine ou les déjections du rat Mastomys. Mais la transmission interhumaine est également possible par le contact avec les fluides corporels d’une personne infectée, rendant les risques d’infection plus élevés pour les personnels soignants et les familles des malades.
Les symptômes de la maladie incluent fièvre, diarrhées, vomissements, douleurs abdominales, maux de gorge et hémorragies.
Depuis plus d’un an, ALIMA travaille au Nigéria aux côtés du personnel de santé local des états d’Ondo et d’Edo, particulièrement touchés par la fièvre Lassa. L’ONG finance la réhabilitation de plusieurs centres de traitements médicaux, en coordonnant la gestion des cas, en protégeant et en formant le personnel hospitaliers, en facilitant les diagnostics en laboratoire, et en apportant un support dans les actions menées au sein de la communauté pour contrôler la transmission de la fièvre de Lassa.
Depuis janvier 2019, 214 cas suspects et confirmés qui ont reçu des soins gratuits grâce à ALIMA.
Chaque année, de janvier à mai, la maladie connaît des flambées épidémiques. La saison sèche entraîne en effet le déplacement des rongeurs, qui envahissent les villages, les maisons et peuvent contaminer les habitants.
Ces épidémies tendent à s’aggraver et leurs répercussions sur les populations locales sont désastreuses :
Sans réel diagnostic ni traitement, le taux de mortalité peut atteindre 30 à 50%.
A ce jour, il n’existe pas de vaccin pour prévenir de la fièvre de Lassa. Le médicament antiviral Ribavirin peut représenter un traitement efficace s’il est donné suffisamment tôt dans la progression de la maladie. Mais le problème est que les premiers symptômes de la maladie sont similaires à ceux observés pour d’autres pathologies fréquentes comme le paludisme, Ebola, et la fièvre typhoïde, ce qui retarde la détection de la fièvre Lassa.
La Ribavirin n’est donc pas une solution suffisante pour combattre le virus.
Lascope : un partenariat pour la recherche
Pour être plus innovante dans la lutte contre le virus, ALIMA a établi un partenariat avec l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM 1219) via le consortium ALERRT (The African coaLition for Epidemic Research, Response and Training) et en coordination avec le NCDC (Nigeria Centre for Disease Control) et l’Oganisation mondiale de la Santé . Depuis 2018, une équipe de recherche mène un projet de cohorte, LASCOPE (Lassa fever clinical Course and Prognostic factors in an Epidemic context in Nigeria), qui vise à mieux comprendre et décrire la maladie, tout en travaillant sur l’évaluation des stratégies thérapeutiques. Pour réaliser ce projet ambitieux, le consortium souhaite aider les sites locaux à mener de futures recherches cliniques pour un meilleur traitement contre la fièvre de Lassa.
Protéger les agents de santé
Les risques de contamination du virus Lassa sont plus importants pour le personnel médical qui est en première ligne. Dans les centres de santé, les agents de santé doivent appliquer des mesures très strictes pour se protéger des infections.
Un Équipement de Protection Individuelle (EPI) doit être porté lors des consultations : masque, lunettes de protection et gants sont nécessaires pour protéger l’agent.
Les injections et prises de sang doivent être faites de manière sécurisée pour éviter la transmission du virus. La manipulation d’échantillons en laboratoire est également sujette à des règles strictes. Il est en effet nécessaire d’éviter tout contact avec le sang ou les liquides biologiques du patient. Il en est de même pour les surfaces ou les matériaux contaminés comme les vêtements et le linge de lit.
A l’hôpital général d’Idoani (Etat d’Ondo), ALIMA organise des séances de formation du personnel de santé local. L’objectif est de sensibiliser les agents aux risques liés à un manque de vigilance et d’éviter la contamination du personnel de santé.
Surveiller les familles des malades
Chaque semaine, et du personnel ALIMA rendent visite aux familles des patients du service Lassa pris en charge dans le NCDC.
Pour limiter la propagation de l’épidémie, les équipes ALIMA contrôlent les signes vitaux des membres de la famille. Ils sensibilisent aussi les foyers au danger que représentent les rats et aux mesures préventives à adopter. Ces contrôles hebdomadaires permettent de rediriger rapidement les personnes présentant des symptômes de Lassa vers un centre adapté. Une prise en charge rapide réduit considérablement les risques pour les cas suspects.
Différentes mesures de prévention doivent être prises par les personnes vivant dans les zones de fièvre Lassa : se laver les mains régulièrement et correctement, suivre de bonnes mesures d’hygiène lors de la préparation des repas et surveiller la présence de rongeurs dans le foyer.
La femme de M. Agu a été infectée par le virus Lassa. Ses enfants sont donc exposés à la maladie et il est nécessaire de contrôler leur état régulièrement.
Les survivants
“La fièvre de Lassa peut coûter très cher aux communautés et affecte lourdement les familles, sur le plan financier mais aussi psychologique. Grâce aux soins gratuits qu’ALIMA procure, les patients traversent une période de transition émotionnelle, tout au long de leur prise en charge. Cela va de l’anxiété lors de l’admission, à la joie de sortir, à l’excitation lors de la rencontre avec d’anciens patients pour les réunions de suivi. Etre témoin de cet ascenseur émotionnel nous fait apprécier l’impact du travail des équipes ALIMA. Ici, ALIMA redonne le sourire aux gens.”
Balogun Adenike, survivante de la fièvre de Lassa
Crédits photo : Etinosa Yvonne / ALIMA
