Depuis la déclaration de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, ALIMA est mobilisée dans plusieurs zones touchées, notamment en Ituri et à Goma. Les équipes appuient la prise en charge des cas confirmés et suspects, le suivi des contacts, la sensibilisation communautaire et l’installation de structures d’isolement adaptées.
Ces derniers jours, plusieurs médias français – RTL, La Croix, France 24, France Inter, TV5 Monde et Le Monde – ont donné la parole aux équipes d’ALIMA pour décrypter les enjeux de cette nouvelle flambée épidémique : une souche mal connue, des difficultés d’accès, un manque de moyens et une réponse à organiser dans un contexte déjà fragilisé.
Une épidémie “dans une crise”
Dans un reportage diffusé sur RTL, la correspondante Frédérique Prabonnaud a suivi les derniers préparatifs des équipes d’ALIMA à Dakar avant leur départ en République démocratique du Congo. Le reportage met en lumière la mobilisation du Dr Gabriel Tshiwisa, référent médical urgence d’ALIMA, et de Mamadou Kaba Barry, chef de mission d’ALIMA en RDC.
Ce dernier y décrit une situation particulièrement complexe : “C’est une crise dans une crise”, dans une région déjà marquée par les conflits armés, les tensions communautaires et les difficultés d’accès.
La Croix revient également sur la mobilisation des organisations humanitaires face à l’épidémie, en soulignant les défis liés à la souche Bundibugyo. Contrairement à la souche Zaïre, mieux connue, cette souche ne dispose pas à ce jour de vaccin ni de traitement spécifique à l’efficacité prouvée. Pour le Dr Gabriel Tshiwisa, cela rend la sensibilisation communautaire d’autant plus essentielle pour limiter la propagation du virus.
Une réponse urgente, encore insuffisamment financée
Sur France 24, Mamadou Kaba Barry a alerté sur le manque de moyens disponibles pour répondre à l’épidémie. ALIMA a activé ses stocks de contingence et mobilisé du personnel qualifié, mais les besoins restent importants pour construire des centres de traitement Ebola, protéger les soignants, transporter les patients et financer la réponse.
Il y rappelle également qu’à Goma, ALIMA appuie la prise en charge d’un cas confirmé, tandis que l’inquiétude est particulièrement forte en Ituri, où plusieurs zones de santé sont touchées.
Sur France Inter, Mamadou Kaba Barry insiste sur l’urgence de renforcer les moyens humains, matériels et financiers. “Une épidémie d’Ebola, ça va vite, ça va très vite”, rappelle-t-il, appelant la communauté internationale à soutenir rapidement les acteurs engagés dans la réponse.
Une souche mal connue, détectée tardivement
Sur France 24, Mamadou Kaba Barry a également expliqué pourquoi l’épidémie avait pu être détectée tardivement : les premiers tests recherchaient la souche Zaïre du virus Ebola, alors que l’épidémie actuelle est causée par la souche Bundibugyo.
Cette difficulté est aussi analysée par TV5 Monde, qui revient sur les défaillances ayant compliqué l’identification de l’épidémie : tests inadaptés, difficultés de séquençage et fragilité des systèmes de surveillance.
Pour les équipes sur le terrain, cette situation impose une réponse rapide et coordonnée, notamment à Rwampara, en Ituri, où ALIMA intervient déjà auprès de plusieurs cas confirmés.
Des contraintes logistiques majeures en Ituri
Dans Le Monde, Mamadou Kaba Barry détaille les contraintes opérationnelles rencontrées dans l’est de la RDC : difficultés d’acheminement du matériel, état des routes, fermeture de certains axes stratégiques et insécurité persistante dans plusieurs zones touchées.
Le quotidien souligne également la nécessité de mettre en place des centres de traitement Ebola à Bunia, Rwampara et Mongbwalu. Pour ALIMA, ces obstacles ralentissent l’installation rapide de structures adaptées et l’acheminement du matériel indispensable.
Informer, sensibiliser, protéger
Au-delà de la prise en charge médicale, les équipes d’ALIMA rappellent l’importance de la sensibilisation communautaire. Ebola suscite de fortes inquiétudes, parfois de la peur ou de la défiance envers les structures de santé. Dans ce contexte, l’information vérifiée et le dialogue avec les populations sont essentiels pour favoriser l’identification rapide des cas, le suivi des contacts et l’accès aux soins.
Face à une souche peu connue, dans une région déjà fragilisée, ALIMA appelle à une mobilisation rapide pour contenir l’épidémie, protéger les patients et soutenir les équipes engagées dans la réponse.
À lire, écouter et regarder
- RTL – Reportage sur les préparatifs des équipes d’ALIMA à Dakar avant leur départ en RDC.
- La Croix – Face à l’épidémie d’Ebola en RDC, les ONG s’activent.
- France 24 – Interview de Mamadou Kaba Barry, chef de mission ALIMA en RDC.
- France Inter – Interview de Mamadou Kaba Barry sur les besoins urgents en moyens humains, matériels et financiers.
- TV5 Monde – Article d’analyse sur les retards de détection et les défis liés à la souche Bundibugyo.
- Le Monde – Article sur l’ampleur de l’épidémie, les difficultés logistiques et la réponse humanitaire en Ituri.