Malnutrition à Dori : des soins renforcés pour les enfants

À Dori, au Burkina Faso, l’unité de prise en charge intégrée de la malnutrition du Centre médical urbain soigne des enfants atteints de malnutrition aiguë sévère avec complications. Un plateau technique : Lits supplémentaires, oxygène, énergie solaire, Ressources humaines renforcés par l’Alliance ALIMA–KEOOGO–SOS Médecins BF en accompagnement au ministère de la Santé pour améliorer leur prise en charge.

« On est arrivés ici et il a reçu des soins. Depuis, il n’a plus la diarrhée. »

Mariam Amadou, 45 ans, est déplacée de Lougolkola et vit aujourd’hui à Dori. Lorsque son enfant est admis à l’Unité de prise en charge intégrée de la malnutrition (UPCI) du Centre médical urbain (CMU) de Dori, elle reste auprès de lui pendant les soins. Au fil de la prise en charge, elle constate son amélioration.

« Mon enfant va beaucoup mieux. On nous donne à manger et à boire, et l’enfant est vraiment soulagé », raconte-t-elle.

Comme Mariam, des milliers de mères et leurs enfants ont franchi les portes des services de santé de Dori pour y chercher des soins. Cette prise en charge s’inscrit dans une unité qui, ces dernières années, a elle aussi évolué pour mieux répondre aux besoins des enfants malnutris. Les enfants admis souffrent de malnutrition aiguë sévère avec complications. Ils ont besoin d’une surveillance régulière, de soins, d’une alimentation thérapeutique et de réévaluations, mais aussi d’activités de psychostimulation.

Pour répondre à ces besoins, l’UPCI a progressivement vu ses capacités renforcées avec l’appui de l’Alliance ALIMA–KEOOGO–SOS Médecins BF.

De 9 à 20 lits pour soigner la malnutrition à Dori

La réhabilitation de l’UPCI a permis de passer de 9 à 20 lits, avec une salle de soins intensifs équipée de sources d’oxygène à distribution multiple. Un système solaire a également été installé pour assurer une meilleure continuité des soins et renforcer l’alimentation électrique. Des équipements, des médicaments et des intrants nutritionnels ont aussi été mobilisés.
Pour le Dr Zombra, médecin généraliste de l’État à l’UPCI, ces moyens supplémentaires se ressentent directement dans le travail quotidien :

« Cet appui n’allège pas seulement nos tâches, mais surtout ça les rend plus fluides parce qu’on a plus de matériel, plus d’accompagnement. »

L’augmentation de la capacité d’accueil permet aussi de prendre en charge davantage d’enfants sur place. Pour les familles, cela peut éviter de devoir chercher immédiatement une autre structure. « Ça les empêche d’aller plus loin. Ça leur permet de rester plus proches », poursuit le médecin.

Dans un contexte où l’accès aux soins peut être difficile, la proximité compte. Mais une unité de soins dépend aussi des personnes qui, chaque jour, prennent en charge les enfants.

Plus de personnel pour une meilleure prise en charge

À l’UPCI, médecins, infirmiers, assistants nutritionnels et hygiénistes travaillent ensemble autour de chaque enfant. L’appui de l’Alliance ALIMA–KEOOGO–SOS Médecins BF a notamment permis de renforcer les équipes avec quatre assistants nutritionnels et quatre hygiénistes, tout en accompagnant la formation des agents déjà présents.

Pour Samba Fatimata Marie-Louise, nutritionniste médicale et point focal nutrition du district sanitaire de Dori, ce renforcement se ressent directement dans la qualité des soins :

« Il y a le renforcement des ressources humaines par l’Alliance qui permet d’améliorer la qualité des soins. Avant, les soins étaient déjà de qualité, mais avec l’appui de l’Alliance, il y a beaucoup de choses qui se sont améliorées. »

Elle observe également une évolution dans le parcours des enfants hospitalisés. Selon elle, le renforcement du suivi permet à certains enfants d’évoluer plus rapidement vers la suite de leur prise en charge.

« On a tout le personnel dont nous avons besoin. On a des assistants, des médecins, des hygiénistes qui sont à notre disposition », résume-t-elle.

Quand l’électricité devient une condition des soins

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L’alliance a équipé l’UPCI d’un système solaire relais qui permet la continuité des soins 
©Souleymane DRABO/ALIMA

À l’UPCI, l’électricité n’est pas un simple confort. Lorsqu’un enfant doit recevoir de l’oxygène, une coupure peut directement compliquer sa prise en charge. L’infirmier d’État Sirema Makhunémo se souvient de ces situations :

« Avant, quand il y avait un délestage, on pouvait avoir un enfant à mettre sous oxygène sans électricité pour prendre le relais. Aujourd’hui, nous pouvons stabiliser les patients dans de meilleures conditions avant, si nécessaire, leur transfert vers le CHR [centre hospitalier régional]. »

Le système solaire contribue ainsi à sécuriser la continuité des soins, à réduire la mortalité et à permettre aux équipes de surveiller et de stabiliser les enfants dans de meilleures conditions. Une amélioration technique dont les effets se mesurent directement dans les soins quotidiens.

Jusqu’au jour où l’enfant peut repartir

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Dr Kaboré, médecin traitant de l’Alliance renforce les équipes de l’Etat  à l’UPCI de Dori  
©Souleymane DRABO/ALIMA

À l’UPCI, certains parcours sont courts. D’autres sont beaucoup plus longs. Le Dr Kaboré, médecin traitant de l’Alliance, se souvient notamment d’un enfant resté 43 jours dans l’unité après son arrivée dans un état critique. Pendant toute cette période, l’enfant a reçu gratuitement des soins de qualité, une prise en charge nutritionnelle et des séances de psychostimulation. Malgré les jeux et les sollicitations quotidiennes, il ne souriait jamais.

Puis est arrivé le jour de sa sortie. La veille, le médecin avait prévenu sa mère qu’elle pourrait probablement rentrer le lendemain. Le vendredi, après la visite, la mère est partie se préparer avant de revenir remercier l’équipe.

« À ma grande surprise, l’enfant arrive, elle tend la main et sourit. Tout le monde était étonné parce qu’on ne l’avait jamais vue sourire. Il a souri, nous a dit au revoir et est parti », raconte le Dr Kaboré.

Dans une unité où les indicateurs de prise en charge se comptent en lits, traitements, jours d’hospitalisation ou sorties, ce moment rappelle aussi ce que ces chiffres représentent : un enfant qui retrouve progressivement ses forces et peut repartir avec sa famille.

Après l’hôpital, des mères formées à dépister la malnutrition

Les accompagnants des enfants hospitalisés sont sensibilisés aux pratiques familiales essentielles et formés à détecter la malnutrition chez leur enfant à l’aide du bracelet MUAC.

Le travail se poursuit au-delà des murs de l’UPCI. Pendant que les enfants participent à des activités de psychostimulation, leurs mères suivent des séances sur l’hygiène, l’alimentation, les soins et la prévention.

Elles sont également formées à l’utilisation du bracelet de périmètre brachial (PB/MUAC). Cet outil peut les aider à repérer précocement certains signes de malnutrition chez les enfants de 6 à 59 mois, et à savoir quand consulter ou orienter l’enfant depuis leur domicile.

Dans une zone où l’accès aux services de santé peut être difficile, cette transmission des connaissances complète la prise en charge reçue à l’hôpital. Le bracelet est un outil de dépistage et d’orientation qui aide les familles à identifier plus tôt une situation nécessitant une consultation.

À Dori, le renforcement de l’UPCI se traduit chaque jour par une équipe plus disponible, une unité mieux équipée et, surtout, des enfants qui peuvent poursuivre leur prise en charge dans de meilleures conditions, jusqu’au moment où ils peuvent rentrer chez eux. Pour Mariam, comme pour tant d’autres parents, cela signifie surtout une chose : voir son enfant aller mieux et pouvoir bientôt repartir avec lui.

Ces activités sont cofinancées par l’aide humanitaire des États-Unis d’Amérique et le Sahel Regional Fund (SRF).