De la résistance à l’espoir : ALIMA publie son rapport annuel 2025

Malgré la baisse des financements institutionnels, ALIMA a poursuivi et renforcé son action en 2025. Son rapport annuel revient sur une année de résistance, durant laquelle 8,9 millions de personnes ont bénéficié de ses projets, grâce à l’engagement des équipes, des partenaires locaux et des donateurs.

En 2025, tout aurait dû reculer. Les financements institutionnels ont baissé. Pourtant, 8,9 millions de personnes ont bénéficié de nos actions l’année dernière, contre 6,7 millions en 2024. 

Explication : l’ONG a choisi d’élargir son horizon. Elle est allée chercher de nouveaux financements auprès de partenaires privés, en diversifiant ses ressources. Des projets ont fermé mais d’autres se sont intensifiés pour répondre aux besoins, grâce à un ancrage local qui permet de continuer à agir là où d’autres ne le peuvent plus.

Soigner : 8,9 millions de vies touchées

L’année 2025 s’est ouverte sur les affrontements à Goma, en République démocratique du Congo (RDC), et s’est refermée sur une épidémie d’Ebola maîtrisée en trois mois dans le Kasaï. Entre les deux, des déplacements massifs de populations au Nord-Darfour, au Soudan, une épidémie de choléra à Tawila, un pic de paludisme au Soudan du Sud

À chaque crise, nos équipes ont répondu dans l’urgence, sans jamais perdre de vue le temps long. Former les soignants locaux, faire avancer la recherche médicale, réduire l’empreinte environnementale de nos opérations. C’est cette double exigence temporelle qui rend notre action durable.

Derrière ces actions, des vies impactées : 

  • 8,9 millions de bénéficiaires
  • 54 projets médicaux menés dans 14 pays
  • 230 818 enfants malnutris soignés
  • 98 181 accouchements assistés
  • 73 031 consultations en santé mentale réalisées
  • 5 réponses aux épidémies : méningite au Nigeria, Mpox et Ebola en RDC, choléra au Soudan et au Tchad
  • 74,7 M€ de budget annuel, dont 92 % dédiés aux missions sociales

Au-delà de ces chiffres, il y a Zawadi, touchée par balle à Goma, en RDC, et prise en charge par nos équipes chirurgicales. Il y a Aminata, 3 ans, au Mali, qui reprend des forces grâce aux aliments thérapeutiques prêts à l’emploi. Il y a Wisal, déplacée interne soudanaise, arrivée à pied à Tawila avec sa famille, aujourd’hui assistante nutrition au sein de notre équipe médicale.

De la resistance a lespoir 2
Âgée de trois ans, Aminata boit dans un gobelet tout en tenant un sachet d’aliment thérapeutique prêt à l’emploi, essentiel à sa guérison. Sénou, près de Bamako, Mali, mai 2025. © Cora Portais / ALIMA

Ensemble : la force des acteurs locaux

Nous agissons avec les ONG locales, les ministères de la Santé, les chercheurs et les communautés. Le modèle ALIMA repose sur une alliance forte entre acteurs locaux et internationaux, avec 95 % de nos équipes issues des pays d’intervention, pour collaborer plus efficacement sur le terrain et accéder aux zones les plus isolées.

📍 République démocratique du Congo : dans le Kasaï, grâce à l’effort collectif des autorités, des médecins locaux, de la communauté et des ONG internationales dont ALIMA, une épidémie d’Ebola a été maîtrisée en trois mois, dans une zone d’accès difficile.

📍 Soudan : à Tawila, au Nord-Darfour, plus de 70 % de notre équipe médicale est composée de personnes déplacées internes, qui soignent aujourd’hui leurs propres communautés dans des structures de santé surchargées.

📍 Mali : avec notre partenaire national AMCP-SP, l’approche simplifiée OptiMA a permis la prise en charge de 14 002 enfants, grâce à un dépistage précoce de la malnutrition par les mères elles-mêmes, à l’aide du bracelet PB-mères.

📍 Haïti : à Anse-à-Pitres, dans un contexte de désert sanitaire à la frontière avec la République dominicaine, ALIMA a ouvert un projet pour améliorer l’accès aux soins des personnes expulsées et de toute la population de la zone frontalière.

📍 République centrafricaine : à Bimbo et Boda, le financement basé sur la performance renforce durablement le système de santé, avec 27 089 mères formées à la stratégie PB-mères et 25 946 accouchements assistés dans le pays.

📍 Cameroun : dans l’Extrême-Nord, avec notre partenaire local DEMTOU Humanitaire, nos équipes répondent aux besoins des populations affectées par les violences du bassin du lac Tchad, avec 143 127 patients pris en charge dans le pays.

De la resistance a lespoir 3
Au centre de transit Ebola d’ALIMA à Bulape, au Kasaï, les patients suspects sont soignés en attendant leurs résultats. L’équipe est issue de la communauté locale, formée par ALIMA. © ALIMA / Joséphine Franc Rousseau

Innover : la recherche pour mieux soigner

En 2025, ALIMA a mené 11 projets de recherche, de l’essai clinique contre la fièvre de Lassa aux protocoles simplifiés de prise en charge de la malnutrition. Autant de travaux conçus sur le terrain, avec les équipes locales, pour répondre à des besoins que la médecine humanitaire ne couvre pas encore.

📍 Tchad : à Ngouri, le projet de recherche RISQ teste un outil basé sur le principe du score pour mieux évaluer et détecter les enfants les plus malnutris dès leur arrivée au centre de santé. 

📍 Nigeria : face à la fièvre de Lassa, maladie souvent mortelle aux options thérapeutiques très limitées, l’essai clinique international INTEGRATE a débuté sur deux sites, à Owo et Irrua, pour évaluer de nouveaux traitements.

📍 Guinée : l’étude EBO-PEP évalue si un traitement pris après une exposition au virus Ebola peut empêcher de tomber malade, un outil supplémentaire potentiel dans la lutte contre les épidémies.

📍 Niger : à Mirriah, le projet de recherche OPTIMAX associe supplémentation nutritionnelle et vaccination pour renforcer le suivi pédiatrique. En 2025, l’étude menée avec notre partenaire local BEFEN a ciblé 6 418 enfants.

📍 Burkina Faso : un projet innovant encourage l’utilisation de suppléments en micronutriments multiples pour améliorer la santé des femmes enceintes et des nouveau-nés, avec l’appui de nos partenaires locaux Keoogo et SOS Médecins BF.

De la resistance a lespoir 4
Un responsable de laboratoire ALIMA manipule des échantillons de patients à l’abri d’une boîte à gants sécurisée, pour pouvoir les analyser sans risque de contamination. Ce travail fait partie du projet INTEGRATE, dédié à la recherche contre la fièvre de Lassa. © Nandak Chingle / ALIMA

Une alliance plus forte que les crises

« Merci à celles et ceux qui ont rendu cette année possible, partenaires, équipes, donateurs. Mais notre plus grande reconnaissance va aux patients. Premières victimes de ces crises, ils font preuve d’une dignité et d’un courage qui donnent tout son sens à notre engagement. C’est pour eux, et avec eux, que nous continuerons à nous battre pour garantir le droit à des soins de qualité.  Si 2025 a été une année de résistance, 2026 doit être une année de consolidation et d’espoir. Les défis auxquels nous faisons face sont immenses, mais notre capacité collective à y répondre l’est tout autant. » 

Dr. Jean-Paul Mushenvula, Président d’ALIMA

> Découvrez le Rapport Annuel 2025