A Zémio, l’hôpital continue de soigner malgré l’insécurité

La ville de Zémio et ses environs font face depuis plusieurs années à des crises sécuritaires récurrentes, dont la dernière autour du 5 janvier 2026. Cette instabilité fragilise notamment le système de santé, malgré les efforts des autorités pour répondre aux besoins des 40 000 habitants.

A Zémio, ALIMA intervient dans un contexte marqué par l’insécurité et les déplacements de population. Depuis 2017, cette partie de la République centrafricaine connaît des affrontements réguliers entre groupes armés et forces étatiques.

Les violences ont contraint plusieurs milliers d’habitants à fuir vers la République démocratique du Congo (localité de Zapayi), dont la frontière est à moins de 5 km de la ville. De nombreuses familles se déplacent régulièrement entre les villages et la ville pour échapper aux violences, dans un climat d’insécurité persistant.  

La dernière crise sécuritaire, survenue autour du 5 janvier 2026, a poussé plus de 2000 personnes à trouver refuge sur le site de l’église Saint Jean-Baptiste de Zémio où elles vivent dans des conditions humanitaires difficiles.

« Nous sommes débordés à l’église depuis l’arrivée de plus de 2.000 personnes, bien au-delà de notre capacité d’accueil. Les femmes, les enfants et les personnes âgées vivent dans des conditions très précaires. Le principal défi reste l’accès aux soins, car cette promiscuité augmente le risque  de maladies. »

L’abbé Gervais Service, curé de la paroisse

Un système de santé fragilisé 

A Zémio, le système de santé est l’un des secteurs les plus affectés par les crises que connaît la région. Lors des violences survenues en janvier 2026, plusieurs structures de santé ont été touchées et certains agents de santé pris pour cibles.  

Dans ce contexte, cet hôpital secondaire reste la seule structure de référence de la sous-préfecture de Zémio.

Les besoins de santé y sont importants, dans une zone où l’accès reste difficile. Malgré les efforts des autorités sanitaires, l’hôpital fait régulièrement face à des pénuries de médicaments, à la vétusté de certaines infrastructures, ainsi qu’à un manque de personnel et d’équipements.    

« Se soigner à Zémio est un véritable défi », confie l’abbé Gervais Service, témoin de la situation sanitaire dans cette région reculée de l’extrême sud-est centrafricain.

L’appui d’ALIMA pour maintenir l’accès aux soins

Dans ce contexte, ALIMA apporte un appui essentiel à l’hôpital de Zémio afin de renforcer sa capacité de prise en charge.

« ALIMA est notre partenaire historique. Sans sa présence et son appui, la situation médicale serait déjà catastrophique. »

Dr Ngueredomba Bovil-Bera, directeur de l’hôpital de Zémio.

L’appui d’ALIMA contribue à renforcer les capacités de l’hôpital et à améliorer la prise en charge des patients. Sur le plan des infrastructures, ALIMA a notamment réhabilité plusieurs bâtiments dont l’état ne permettait plus d’assurer des soins dans de bonnes conditions. La maternité et le bloc opératoire ont ainsi été rénovés grâce à cet appui. 

Le plateau technique de plusieurs services a également été renforcé, en particulier celui du bloc opératoire où une équipe qualifiée de chirurgiens et de médecins anesthésistes intervient pour répondre aux urgences chirurgicales dans la région. 

Dans un contexte sécuritaire instable, la présence des équipes d’ALIMA permet à l’hôpital de continuer à soigner les habitants et à répondre à leurs besoins de santé.

ALIMA soutient également l’hôpital par la mise à disposition de personnel qualifié, afin de combler les manques auxquels fait face cette structure.

Centrafrique Zemio 2

« Grâce à l’appui d’ALIMA, nous disposons d’un personnel engagé composé d’infirmiers, de sages-femmes, de chirurgiens et de médecins. Cet appui est particulièrement important, car nous faisons face à d’importants déficits de personnel malgré les efforts des autorités. »

Dr Ngueredomba Bovil-Bera

A l’hôpital de Zémio, l’équipe conjointe du ministère de la Santé et d’ALIMA assure en moyenne 700 consultations curatives chaque semaine.

Les activités d’ALIMA à l’hôpital de Zémio et l’appui apporté aux populations vulnérables sont financés par le Centre de crise et de soutien (CDCS).