Suivi prénatal à Dori : une grossesse suivie pas à pas

À Dori, au Burkina Faso, les agents de santé communautaires sensibilisent les femmes enceintes à l’importance du suivi prénatal et les orientent vers les structures de santé. À sa cinquième grossesse, Aïssata Adayo bénéficie de ces conseils et consulte au poste de santé avancé près de chez elle, que l’Alliance ALIMA–KEOOGO–SOS Médecins BF soutient aux côtés du ministère de la Santé.
consultation prenatale dori burkina faso
Au poste de santé avancé de Dori, une soignante examine une femme enceinte lors de sa consultation prénatale. Chaque semaine, 30 à 40 femmes y viennent pour leur suivi.
© Souleymane DRABO/ALIMA

« C’est ma cinquième grossesse, mais maintenant je sais qu’il faut venir avant l’accouchement »

AÏSSATA vit à Dori au Burkina Faso depuis 2019, après avoir quitté son village . Elle vit aujourd’hui à proximité du Poste de santé avancé. Elle connaît déjà les étapes d’une grossesse. Celle qu’elle porte aujourd’hui est sa cinquième. Mais, au fil de ses grossesses, elle a aussi appris que le suivi ne commence pas au moment de l’accouchement.

« C’est ma cinquième grossesse, mais maintenant je sais qu’il faut venir tôt au centre de santé avant l’accouchement, même quand on se sent bien. »

AÏSSATA n’a pas découvert seule l’importance du suivi. Avant sa grossesse, elle avait déjà entendu les agents de santé à base communautaire (ASBC) parler aux familles de l’importance de consulter pendant la grossesse. Lorsqu’elle s’est sue enceinte, elle s’est souvenue de leurs conseils et surtout de l’endroit où elle pouvait venir.

« Avant, on pouvait rester à la maison parce qu’on ne ressentait rien de particulier. Maintenant, quand on nous explique qu’il faut venir faire le suivi, on comprend pourquoi. »

Mobilisés par le Ministère de la Santé avec l’appui de l’Alliance ALIMA–KEOOGO–SOS Médecins BF, les ASBC vont à la rencontre des familles, échangent avec les femmes enceintes, répondent à leurs questions et les orientent vers les services de santé disponibles.

Pour AÏSSATA, cette première prise de contact a facilité l’étape suivante : elle connaissait désormais l’endroit où se rendre et savait qu’elle pouvait y revenir pour ses futurs rendez-vous. La distance par rapport au PSA entre également en ligne de compte. Situé près de son lieu de vie, il lui permet de se rendre au centre plus facilement et de poursuivre son suivi. La gratuité des soins disponibles au poste contribue également à lever certains obstacles qui pourraient retarder ou interrompre les consultations.

Une matinée de suivi prénatal au PSA de Dori

sensibilisation femmes enceintes dori 3
Kouita Rabiatou , sage-femme sensiblise les femmes sur les bonnes pratiques avant de les prendre en consultation individuelle prenatale. © Souleymane DRABO/ALIMA

Ce matin-là, AÏSSATA arrive au PSA avec d’autres femmes enceintes. Avant le début des consultations, les femmes se regroupent sous le hall pour une séance de sensibilisation sur les bonnes pratiques avec l’équipe de santé. La discussion part de situations très concrètes : quand commencer les consultations prénatales, quels signes doivent amener à consulter rapidement, comment se préparer à l’accouchement ou encore pourquoi il est important de respecter les rendez-vous même lorsque la grossesse se déroule sans difficulté apparente.

Les femmes écoutent, mais la séance est aussi un moment pour poser des questions. Une inquiétude, un symptôme ou une expérience vécue peut servir de point de départ à la discussion.

« Ils nous expliquent aussi ce qu’il faut surveiller pendant la grossesse. Quand tu rentres chez toi, tu sais déjà à quoi faire attention. », raconte AÏSSATA.

C’est dans cette continuité que travaillent chaque semaine Kouita Rabiatou, sage-femme de l’Alliance ALIMA–KEOOGO–SOS Médecins BF et son équipe.

Les femmes viennent de près… et parfois de plus loin

suivi prenatal dori
Dans le box de santé sexuelle et reproductive du PSA, Aissata est reçue par une équipe de sage femme. ©Souleymane DRABO/ALIMA

Kouita Rabiatou , sage-femme de l’Alliance ALIMA–KEOOGO–SOS Médecins BF reçoit les femmes enceintes pour leurs consultations prénatales. Chaque semaine, entre 30 et 40 femmes viennent pour leur suivi.

« Elles quittent souvent très loin pour venir faire le suivi. »

explique-t-elle, notamment à propos des femmes qui viennent des localités environnantes.
C’est le cas d’Aminata. Elle n’est pas déplacée interne, mais vient au PSA pour ses consultations prénatales.

« Avant, pour ma grossesse, il fallait continuer plus loin. Ici, quand j’ai appris qu’on pouvait faire la consultation, j’ai commencé à venir. C’est plus proche pour moi et surtout, je peux revenir plus facilement. » Puis elle ajoute : « Pour une femme enceinte, ce n’est pas toujours facile de faire beaucoup de kilomètres à chaque rendez-vous. Quand le centre est à côté et que tous les soins et médicaments sont gratuits, tu peux revenir sans beaucoup de soucis »

Le PSA, pensé pour rapprocher les services des populations vivant dans cette zone de Dori, accueille ainsi également des femmes venues des localités environnantes. Cette fréquentation est un signe, pour le responsable du PSA Miroubo Abdel , que la proximité répond à un besoin qui dépasse le seul périmètre du site.

Pour que ce parcours existe, il faut des équipes et des moyens

Miroubo Abdel est infirmier, agent de l’État et responsable du PSA. Il observe au quotidien l’évolution de la fréquentation du poste et les conditions dans lesquelles les équipes accueillent les patients. Pour lui, rapprocher les soins ne suffit pas. Encore faut-il que le poste dispose des conditions nécessaires pour recevoir les populations.

« Quand les populations savent qu’un service est proche, elles viennent. Mais il faut aussi que, lorsqu’elles arrivent, elles trouvent un agent pour les recevoir, les médicaments et les équipements nécessaires. C’est tout cet ensemble qui permet au poste de jouer réellement son rôle. Et quand les soins sont gratuits, cela enlève aussi une difficulté pour les familles. Ce sont des paramètres que l’Alliance facilite; qui sont importants pour les communautés et que nous apprécions très positivement »

Le PSA a également bénéficié d’une réhabilitation et de différents aménagements. Abdel en voit les effets dans son travail quotidien.

« La réhabilitation a amélioré beaucoup de choses. Les conditions sont meilleures pour les agents et pour les patients. Avec des moyens qui peuvent paraître modestes, on arrive à avoir un impact important sur l’accueil et sur l’accès aux soins. »

L’Alliance ALIMA–KEOOGO–SOS Médecins BF accompagne le Ministère de la Santé à travers notamment l’appui en ressources humaines, la disponibilité de médicaments et d’intrants médicaux et nutritionnels, les équipements et les aménagements du site. Ces appuis contribuent à maintenir une offre de soins de proximité et à permettre aux populations d’accéder gratuitement aux services disponibles au PSA.


Pour les femmes, l’effet est concret : ne pas avoir à aller aussi loin pour une consultation, pouvoir revenir à la date prévue et pour AÏSSATA, cette continuité compte déjà.


Commencer tôt. Revenir. Continuer. Pour une grossesse, ces trois étapes peuvent faire toute la différence. Pour AÏSSATA comme pour les autres femmes qui franchissent chaque jour la porte du PSA, chacune de ces étapes rapproche un peu plus d’un même moment : celui où elles pourront, dans de bonnes conditions, donner naissance à leur bébé.


Ces activités sont cofinancées par l’Aide humanitaire des États-Unis d’Amérique et le Sahel regional fund SRF.